Associations contre le compteur Linky : qui mène la fronde des usagers ?

Le déploiement des compteurs Linky suscite depuis 2015 une vague de méfiance et de mécontentement chez les usagers. De nombreuses associations contre le compteur Linky se mobilisent et alimentent le débat, de manière parfois radicale. Quelles sont les associations anti-Linky et que revendiquent-elles ?

Une diversité d’associations

La fronde contre les nouveaux compteurs Linky mobilise des associations et des collectifs de citoyens aux revendications diverses, parmi lesquelles :

  • L’association de défense de consommateurs UFC-Que Choisir
  • Des associations de lutte contre la prolifération des ondes nocives (Next-up, Robin des Toits ou encore Priartem)
  • Des associations et des collectifs d’usagers actifs sur les réseaux sociaux

(Stop-Linky ou la plate-forme POAL)

  • Des petites associations « loi 1901 » (Les Citoyens Éclairés)

La contestation est soutenue par des personnalités emblématiques comme Corinne Lepage ou Stéphane Lhomme.

Association contre le compteur linky

Que veulent les associations ?

Les associations contre le compteur Linky ont des motifs divers mais se rejoignent sur une revendication principale : l’application du principe de précaution et l’arrêt des installations. Les risques sur la santé n’auraient, selon ces associations, pas été suffisamment pris en compte, notamment en ce qui concerne les effets des ondes électromagnétiques sur la santé. Toutes les associations reprochent également à Enedis un manque de concertation avec les usagers et un manque de transparence sur les véritables raisons du changement de compteur.

Les autres motifs de revendication sont les risques pour la vie privée, l’absence de choix, le manque d’intérêt pour l’usager, le risque d’augmentation de la facture ainsi que la méconnaissance des risques liés au fonctionnement des compteurs.

Des organismes accrédités comme l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire

de l’alimentation, de l’environnement et du travail) ou le CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) ont nuancé - sans les réfuter entièrement -  les risques dénoncés par les associations, notamment en ce qui concerne le problème des ondes nocives, la protection des données et l’augmentation de la facture.

Ceci n’a pas désarmé la contestation qui, loin de s’affaiblir, prend toujours plus d’ampleur.

D’où vient la mobilisation ?

D’où vient une telle méfiance envers les compteurs Linky ? Selon Aude Danieli, auteure d’une thèse portant sur la mobilisation contre le nouveau compteur communiquant, ce sont les associations qui ont donné une telle ampleur à la polémique. La contestation a mobilisé des militants déjà actifs sur d’autres terrains sensibles, comme les centrales nucléaires et les antennes-relais. Elles sont soutenues par des représentants aguerris et emblématiques.

Toujours est-il que le compteur Linky semble concentrer les critiques et rien ne vient rassurer les consommateurs. Il est vrai que le nouveau compteur intelligent d’Enedis touche des sujets ultra-sensibles : la protection des données, les ondes nocives, le manque de concertation citoyenne… Les associations continuent de se mobiliser.